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Trente années de Lyon Poche, ça fait un bail... mais c’est déjà du passé. Que pourrait devenir le Lyon des arts plastiques dans les trente prochaines ? Glorieuses ou calamiteuses ? Entre grands projets, art officiel et alternatives, voici donc quelques perspectives et autres prospectives... “MUSEOLAB” En 2014, le Musée des Confluences devrait ouvrir ses portes. On a pris du retard. On a contesté le geste architectural du cabinet autrichien Coop-Himmelb(l)au que l’on pourrait rattacher au déconstructivisme. Son directeur, Michel Côté, repart au Québec dès cet été tout en gardant un œil sur Lyon. Quoi qu’il en soit, ce futur “musée” du futur quartier de la Confluence, devrait être innovant. Ainsi, au sein de son “Museolab”, le Centre Erasme explore les possibilités offertes aux musées, et particulièrement au Musée des Confluences, par les nouvelles technologies numériques telles que les interfaces tactiles, l’immersion des utilisateurs dans des dispositifs qui permettent d’interagir avec le corps ou l’internet des objets. Ce travail qui intéresse musées et laboratoires de recherches (le Muséolab a reçu de nombreuses visites dont celles de la Cité des Sciences, du Louvre, des laboratoires allemands, de la Réunion des Musées du Québec...) est aujourd’hui reconnu. Une de ses applications, le Museotouch, vient d’ailleurs d’être retenue par le Ministère de la culture, dans le cadre de l’appel à projet “Services culturels numériques innovants 2010”. Museolab 3, le nouveau programme de recherche associe artistes, explorateurs logiciels et transmetteurs de savoir. Interactif, novateur et pratique. |
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Le cinéma “loisir de crise” ? Les bons résultats de la fréquentation 2009-début 2010, pourraient le laisser penser. Ce n’est pas précisément l’analyse de Joël Luraine, directeur du multiplexe Pathé Vaise. Sa longue expérience de l’exploitation le pousse à rechercher les causes de cet engouement plutôt du côté de la performance et du confort des nouvelles techniques de projection... Rencontre “Je ne crois pas trop aux effets de la crise, on est dans un marché de l’offre, on est un loisir peu cher. Ce qui nous a aidé c’est avant tout la qualité et la variété des films programmés. La proximité des multiplexes fait aussi que l’on s’est rapproché des spectateurs qui viennent au cinéma en moyenne plus souvent... 6 à 8 fois par an plutôt que 3 ou 4 encore récemment...” LP : Quel avenir pour l’explotation dans les salles ? JL : “Je ne sais pas trop ce que sera l’avenir mais ce que je peux affirmer c’est que l’on vit actuellement une vraie révolution, celle du numérique. On avait déjà vécu celle du son numérique (95, 96, 97) et cela avait changé énormément de choses. Mais aujourd’hui c’est le tout numérique, et là c’est une différence extraordinaire avec de vrais atouts : une impeccable qualité de l’image et une stabilité à long terme (le film ne s’use plus). C’est encore plus vrai pour les films en VO avec une lisibilité des sous-titres parfaite. On atteint donc un stade “numérique pour numérique” entre son et image, il n’y a plus l’interphase analogique de la pellicule. On a beaucoup gagné à tout numériser..” |
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Malgré toutes ses morts annoncées, le rock (‘n’roll, tant qu’à faire) qui nous est cher ne se porte pas si mal, aussi bien quand exprimé dans des formes relativement fidèles aux “roots” (Tous les groupes en “The”.. du début des années 2000, les divers groupes de Jack White, etc etc !) que plus ou moins dissimulé dans de l’électro ou du hip hop ! BON SIGNE ! Mais le rock n’est pas aujourd'hui toujours bien connu des plus jeunes, sans doute que les profs de musique rechignent encore à en enseigner les rudiments (mal formés, nos enseignants ?!). Les Stones ou Hendrix méconnus des collégiens (on a fait nos petits sondages...), ça révèle quand même un certain problème, vous ne pensez pas ?! Heureusement, il y a tous ceux qui (malgré tout) tombent encore dans la marmite, une minorité active de passionnés qui se cultivent largement par eux-mêmes (et avec Internet, c’est presque devenu trop facile) et qui ne tardent pas à en savoir presque plus sur les sixties rock par exemple, que vous qui les avez vécues ! Et il y a aussi ceux (souvent les mêmes du reste) qui sautent le pas et passent à l’action en montant des groupes : le phénomène est à nouveau bien vivant, à Lyon comme dans toutes les villes de France (et du Monde d’ailleurs). Les salles de répétition sont plus que jamais surchargées et ça, c’est plutôt bon signe ! |
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Avec la première décennie du 3e millénaire, Lyon Poche franchit le cap de sa 2000e parution : célébrations incontournables ! La Musique y a toujours tenu bonne place et ne saurait déroger. Pas de fête sans musique quels que soient les changements dans l’air du temps… A l’horizon musical, les rendez-vous se multiplient chaque été, dans des centaines de festivals offrant aux publics les plus divers des expériences nouvelles ou des retrouvailles chaleureuses avec des artistes talentueux, généreux, inventifs… Et chez les Lyonnais , “tout l’monde est dehors !” dans les parcs, à l’île Barbe, dans les jardins et sur les places, sans oublier les théâtres romains de Fourvière, le péristyle de l’Opéra où le jazz prend ses quartiers d'été comme à Vienne au théâtre antique... Spectacle Total Le public a un vrai désir de musique “intégrée” aux spectacles : associer le visuel, la danse, le chant, le théâtre n’est-ce pas la formule du lyrique, de l’opéra, de l’opérette, de la comédie et du théâtre musical ? Le succès des grands spectacles de variété (de “Notre Dame de Paris” à “Mozart” jusqu’à la nouvelle production des “Misérables”) ne se dément pas. Et le “cross over” fait beaucoup d’heureux : dans le public et chez les artistes qui révèlent leurs jardins secrets. Depuis plusieurs années, les productions des Chorégies d’Orange sont retransmises par la télé publique avec de formidables résultats d’audience. Forte incitation pour les grandes maisons d’opéra à élargir leur diffusion. Aujourd’hui, avec l’extraordinaire qualité technique de la Haute Définition numérique , les retransmissions “en direct” des productions du Metropolitain Opera de New York permettent d'entendre les plus belles voix du monde… aux quatre coins du globe, et à Lyon grâce au réseau des cinémas Pathé ! |
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Dur, dur, cet exercice (heureusement imposé tous les 2000 numéros seulement !) qui consiste à expliquer pourquoi on aime ; pourquoi on aime le théâtre au point de le préférer à toutes les autres formes d’expression artistique ; pourquoi on a raison d’être encore et toujours curieux de ce qui s’invente sur les scènes. Alors, allons-y pour quelques évidences bonnes à rappeler : - Parce que dans le contexte généralisé du “tout virtuel”, le théâtre fait d’ores et déjà figure de dernier rempart du “tout vivant”. - Parce que dans le contexte sinistre du “tout mercantile”, le théâtre, art du pauvre par excellence, sera bientôt le dernier îlot de résistance. - Parce qu’il n’est pas de meilleur miroir critique de la société, ici et maintenant, dans le temps éphémère de la représentation, que le théâtre. - Parce qu’aux fondamentaux du genre (un acteur, un texte, un public), le théâtre, en pleine mutation aujourd’hui, ne cesse de faire appel aussi à d’autres formes d’expression artistique et de chercher à se réinventer. - Parce que nulle part ailleurs, sauf peut-être au spectacle d’un beau match de rugby, on ne peut à ce point être véritablement ébloui par la symbiose d’une équipe de “joueurs” qui savent au moment opportun céder la place à leur partenaire. On pourrait multiplier les exemples et poursuivre l’énumération… Bien sûr, le contexte est morose, et le théâtre et ses acteurs (les fameux intermittents) souvent les premiers à faire les frais de politiques arbitraires... Lyon en ce domaine ne fait pas exception à la règle inique qui a voulu (veut encore) que quelques équipes talentueuses aient été (soient encore) indignement “remerciées”. |
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Pour cette 2 000e rubrique que Lyon Poche consacre à la danse, l’annonce officielle par le Maire de Lyon du lancement de l’étude pour la construction d’une méga Maison de la Danse à Confluences 2 tombe à pic. Une réalisation qui pourrait voir le jour vers 2015… REPERES 1977, les chorégraphes et danseurs lyonnais Lucien Mars, Michel Hallet-Eghayan, Marie Zighera, Claude Decaillot et Hugo Verrechia lancent l’idée de la création d’un théâtre entièrement dédié à la danse. L’actuel directeur Guy Darmet prend les commandes du lieu le 17 juin 1980. Le premier théâtre français du genre, ouvre ses portes dans une ancienne salle des fêtes de la Croix-Rousse contenant 700 places. En septembre 92, Guy Darmet obtient le Théâtre du 8e pour répondre aux besoins de croissance artistique. 2010, La Maison de la Danse fête ses 30 ans d’existence et annonce l’étude de la construction d’une méga structure dédiée à l’art chorégraphique. Située sur le site de l’ancien marché gare, cette Maison de la Danse, version 3, pourrait voir le jour dès 2015. |
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Des travaux qui vont durer 3 ans et qui mobilisent riverains, entreprises et le Grand Lyon. Toutes les précautions ont été prises et des systèmes d’informations performants doivent rassurer. En mars 2014 s’il n’y a pas de mauvaises surprises, deux tunnels traverseront notre colline de la Croix-Rousse. Le tunnel existant qui aura fait peau neuve à partir d'avril 2013 et un 2e tube réservé aux transports en commun, aux piétons et aux vélos ; ce 2ème tunnel sera “une galerie” claire, lumineuse, vidéosurveillée bien sûr. Il existe même un projet de projection sur les parois d’œuvres numériques ! C’est donc parti pour plus de 3 ans de travaux dont les étapes doivent absolument être respectées. En septembre le forage débute côté Saône et les tirs d’explosifs périodiques entraîneront des fermetures annoncées... d’une heure. On connaîtra les horaires à l'avance grâce à des panneaux et des alertes SMS (adressées à qui ? Mystère). Côté Rhône, les modifications d'accès au tunnel ont commencé et les automobilistes venant de Saint-Clair doivent dépasser le tunnel, sur l’axe nord-sud et revenir sur leurs pas pour accéder au tunnel, à partir du centre ville. Les principaux problèmes arriveront entre avril et novembre 2013 quand le tunnel existant sera fermé 7 mois ; des travaux de ventilation, de résistance au feu, de purge. Bref un lifting complet pour un tube qui n'était plus, de toute façon, aux normes. Il semble qu'un maximum de précautions ait été programmé pour limiter les nuisances : horaires étudiés des travaux, murs de protection entre le chantier et les habitations de l'avenue de Birmingham, capotage spécifique des engins bruyants. En outre des systèmes d'information des riverains ont été élaborés. Un site www.tunnelcroixrousse.fr, des panneaux à messages variables, des newsletters, des journaux trimestriels, des expos et même des journées portes ouvertes. Le site d'infotrafic (www.infotrafic. grandlyon.com) fournira aussi des infos en temps réel. |
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“Il n'y avait pas le choix, le tunnel n'était plus dans les normes”, rappelle l’un des cadres du maître d'ouvrage, la Direction de la voirie du Grand Lyon. C'est d'abord une question de sécurité dû à la grande vétusté du tunnel. On se souvient des problèmes de ventilation qui ont conduit, après de multiples études et concertations à la réalisation d'un deuxième tunnel parallèle réservé aux transports en commun et aux modes doux. Préalable au creusement du tube, des reconnaissances géologiques et géotechniques et des études de vibrations ont été menées. “Même si on ne sait jamais ce que l'on peut trouver”, martèle un sous-traitant ; les travaux des géologues, les sondages et les carottages permettent de “déblayer” les problèmes ! En l'occurrence les matériaux rencontrés lors des travaux de percement, seront surtout du granit et du gneiss. Quant aux tirs de mines et les vibrations occasionnées, leurs impacts on été estimés lors de tirs de mines expérimentaux.
L'histoire du 1er tunnel Entre 1940 et 1944, le chantier fût plusieurs fois interrompu. Nous avons rencontré Henri Ertler qui était conducteur de travaux à l'entreprise Borie, chargé du percement. Le contexte de l’époque était évidemment très particulier ; les meilleurs ouvriers spécialisés étaient des mineurs croates et tchèques, réfugiés en France et à l'époque des tickets alimentaires, les travailleurs du tunnel étaient privilégiés avec plus de pain, plus de viande et un litre de vin par jour. Le Maire Edouard Herriot visitait souvent le chantier et avait proclamé “le jour où vous percerez l'extrémité, je viendrai vous attendre en personne !”. A l’époque, il avait fallu couler des masses de béton pour protéger les immeubles 20 mètres au-dessus du tunnel Côté Rhône, les travaux furent hélas meurtriers puisque 16 ouvriers trouvèrent la mort, notamment à cause des tirs de mine. “Lourd tribut avec un mort tous les 100 m”, conclut Henri Ertler qui, résistant, partit entre-temps en camp de concentration, arrêté par la Gestapo. Le tunnel fût terminé beaucoup plus tard en 1952. |
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