Cinéma
  (0 vote)

Un geste fort de Thierry Frémeaux et Pierre Lescure ! Le film de Luc Jacquet a été présenté en clôture du festival de Cannes : “La glace et le ciel a pour héros le glaciologue Claude Lorius, il retrace l’aventure scientifique démontrant le lien entre le gaz à effet de serre et le réchauffement climatique. Sa date de sortie, le 21 octobre, coïncide (mais est-ce un hasard ?) avec la fameuse conférence de Paris sur le climat...
On ne présente plus le cinéaste Luc Jacquet que nous avions rencontré au Parc des Oiseaux de Villars-les-Dombes. Sa “Marche de l’Empereur
a connu notamment un succès mondial. Aujourd’hui, il vise plus haut : changer notre regard sur le monde et déclencher une prise de conscience. Ce film est un hommage à l’aventure exemplaire de Claude Lorius, un glaciologue dont les travaux ont accouché du GIEC. Etudiant, de formation scientifique, Luc Jacquet séjourne en Antartique avec le fondateur de l’Institut polaire français, Paul-Emile Victor et partage ses émotions, ses intuitions et ses travaux. Cela valait bien un film, un documentaire sur le froid. Mais c’est surtout parce que Claude Lorius est un vrai personnage de cinéma, que le tournage - souvent difficile dans les mers du Sud - capte une passion et une énergie incroyables. Un combat pour faire admettre de nouvelles valeurs. Un film-portrait difficile à faire quand on tourne avec un savant qui prône le collectif, le “nous au détriment du “je. Un pool de financement a permis de mener à bien cette (super) production et Luc Jacquet a réussi à convaincre Kering (très présent dans le cinéma via le Festival de Cannes, il s’agit du groupe de François Pinault), Pathé, Wild Touch et... le CNRS. À noter que Wild Touch a été fondée par Luc Jacquet en prolongement de ses films et surtout de son oscar pour “la Marche de l’Empereur. Cette ONG travaille avec des scientifiques et des enseignants engagés pour concevoir des vidéos sur le carottage et la fonte des glaces (voir site www.education.laglaceetleciel.com). Un outil pour faire passer le message des scientifiques  souvent déformés à la télé) et pour rompre avec les messages usés d’une planète qui va mal et son cortège de discours écolo et moralisateurs, souvent désespérants. Toute une partie éducative est associée au film, notamment via le web financé par les Fondations Bettencourt et Albert 2.

 

  (0 vote)

Un nouveau mode de distribution du cinéma commence à s’imposer. Il s’agit du “e-cinema”. Un temps d’exposition plus long, une offre de complément mais surtout un coût de lancement moindre.

Dans 5 ans, les ados iront-ils encore dans les salles de ciné ? Ou resteront-ils en tribus, chez eux, devant un nouveau film ? On se souvient tous du lancement (plutôt raté) en 2014 et en plein Festival de Cannes de “Welcome to New York” aves Depardieu et DSK. Résultat : 200 000 internautes - merci le buzz insensé généré à l’occasion - peu satisfaits de l’intérêt du film ! Mais un nombre croissant d’internautes visionnent, chez eux, des longs métrages distribués en exclusivité sur internet. Ce fût le cas cet été de “How to make love like an englishman” avec Pierce Brosnan, ou en cette rentrée avec le “MI-5”, un thriller d’espionnage. Le mode de distribution n’a rien à voir avec une sortie “Direct DVD“  ou “Direct VOD“, il revendique une complémentarité avec la distribution en salles qui n’est plus en 2015 un passage obligé. Comment l’expliquer ? Sortent environ une quinzaine de films, chaque semaine, soit près de 700 films par an dont certains affichent des budgets de promo conséquents... Dans ces conditions, c’est presque toujours la quête du Graal que de bénéficier d’un nombre consistant de copies et de rester programmé en salles plusieurs semaines. Si le bouche à oreilles n’est pas suffisant, la sanction des chiffres d’entrées des 1ers jours est en effet souvent définitive et le maintien du film est compromis. D’où la fonction intéressante du e-cinema puisqu’il offre un temps d’exposition plus long. Le cœur de cible de ce nouveau cinéma est certes restreint aux 16-30 ans, un segment des internautes et amateurs de cinéma qui ne se déplace plus en salles... Ils vivent à l’heure des séances en chambre et des burgers décongelés et partagent leurs goûts sur les réseaux sociaux. Ce ne sont plus les circuits UGC mais la vie en circuit fermé ! Même si une catégorie importante d’amoureux du cinéma, aiment toujours partager le plaisir d’un grand écran. Conclusion, si le chemin qui mène un film vers son public est souvent plus embouteillé que l’axe nord-sud le vendredi soir, on a du mal à croire qu’un clic sur l’écran de son PC puisse se substituer à la magie de l’éclairage de la salle qui s’évanouit. Mais le véritable avantage du e-cinema réside dans sa capacité à lutter contre un piratage qui inquiète beaucoup plus le monde du cinéma, qui veulent éviter le sort des distributeurs et producteurs de musique... Car le public internaute est passé maître à récupérer les films sortis en salle, souvent captés “en sauvage”, et proposés sur les plateformes d’échanges (bien avant le délai français légal de 4 mois, imposé par la chronologie des media du cinéma).

Par ici les sorties
75% des foyers sont éligibles aux technologies numériques avec des téléviseurs HD de très bonne qualité. Et tout se connecte… Le très iconique “par ici les sorties” risque de disparaître, au bénéfice des films d’auteur qui souffrent de l’embouteillage des films en salles. Les films de niche pourraient utilement combiner quelques copies en salles d’art et essai et d’une mise en ligne simultanée, prolongeant l’exposition... Les Etats-Unis souvent précurseurs en la matière, ont déjà un système proche de ce diptyque avec près de films d’auteur, distribués par les frères Weinstein.
Toujours aux US, Netflix, Amazone et HBO sont les acteurs financiers qui comptent le plus dans le cinéma indépendant.

  (2 votes)

C’est désormais un rendez-vous “classique dont la vocation est de mettre en valeur “la conservation et la diffusion du film de patrimoine (du 12 au 18 octobre). Cette nouvelle édition aura une résonance particulière puisque Martin Scorsese en est le lauréat avec un grand prix Lumière ! Le jury ne s’est pas trompé car l’oscarisé des “Infiltrés en 2007 n’a pas ménagé sa peine pour préserver et restaurer les cinémas italiens et américains, notamment avec la Film Foundation. Il est également l’invité d’une grande expo de la cinémathèque française, à partir du 7 octobre à Paris. Un goût du patrimoine de la pellicule qui n’est pas s’en rappeler celui de Bertrand Tavernier dont le rôle reste essentiel tant à l’Institut Lumière qu’au Festival du même nom. Une sorte d’aigle à deux têtes du cinéma. Peut-être échangeront-ils sur leurs deux films en cours de réalisation : un voyage à travers le  cinéma français pour Tavernier, un film “Silence tourné à Taiwan par Scorsese, à partir d’un roman de Shusako Endo. Rappelons que Martin Scorsese reste le prototype du cinéaste cinéphile (comme Bertrand Tavernier) et que le 6 octobre, date de remise du prix à l’Amphi 3000, c’est un grand serviteur du 7ème art qui sera célébré, le réalisateur de “Taxi driver” mais aussi et surtout de l’immortel “Hugo Cabret !

Le Festival c’est aussi “Lumière Classics avec les splendeurs des restaurations 2015, des rétrospectives avec Akira Kurosawa dans ses années Toho (le grand studio pour le père du cinéma japonais), 7 films de Julien Duvivier en copies restaurées dont “la Belle Epoque, “Pepe le Moko, “Panique ou “la Bandera. L’invitée d’honneur sera Sophia Loren, l’invité Nicolas Winding Refn
présentera son livre “l’Art du regard” (actes sud), recueil de sa collection d’affiches de séries Z érotiques.

C’est un Festival qui fêtera aussi les anniversaires ! Les 120 ans de Gaumont (depuis que le cinéma existe), les 100 ans de Technicolor et les 30 ans des studios Pixar qui ont révolutionné le cinéma d’animation (vous avez admiré le petit dernier “Vice-Versa, toujours en salles ?).

Hommages également à l’histoire permanente des femmes cinéastes avec Larissa Chepitko, étoile filante du cinéma russe, au cinéma français (de 1930 à 1950) avec Bertrand Tavernier, comme de bien entendu... à Maurice Jaubert, à Alexandre Desplat (musique et cinéma...) qui recevra un grand prix et à Jean Yanne...

Quelques “grands moments seront à mettre dans vos favoris : un ciné-concert de l’ONL  à l’Auditorium de Lyon avec “la Passion de Jeanne d’Arc de Dreyer” (1927), le dimanche 18 octobre à 11 h  avec un sublime et majestueux accompagnement à l’orgue, de grandes projections avec copies restaurées : “Blade Runner de Ridley Scott, “Out of Africa de Sydney Pollack et une nuit de la peur avec “la nuit des morts-vivants de Georges A.Romero  à la Halle Tony Garnier ou “The Thing de John Carpenter. Brrrr...
Quand on parle du grand prix Lumière, on évoque de plus en plus “un prix Nobel du cinéma
... Presque une reconnaissance de ce Festival lyonnais qui a parfaitement trouvé sa place dans les grands événements cinéma et dans les salles de la Région qui sont presque toutes dans le coup ! Lyon Poche vous communiquera leurs programmes détaillés sur son site lyonpoche.com.

 


  (2 votes)

Salle centenaire de la rue Pierre Corneille, “la Fourmi” avait fermé ses portes en octobre 2012 ; trois ans après, son nouveau propriétaire la société “Cinémas Lumière” s’apprête à accueillir, dès le 9 septembre, les cinéphiles du quartier mais aussi tous les lyonnais amoureux de ce type de salle.

Une grosse fourmi pour emblème sur la façade, trois petites salles de 34, 39 et 69 places programmant chacune 5 séances quotidiennes, le quartier de la Préfecture récupère son cinéma d’art et essai qui a bien failli disparaître. Le fonds de commerce de François Keuroghlian a été acquis par “Cinémas Lumière“, une émanation commerciale de l’Institut Lumière qui est une association.

Au projo... Ou plus vraisemblablement aux manettes de “la Fourmi”, une spécialiste de “l’art et essai“, Sylvie Da Rocha, autrefois étudiante à Lyon 2 et spectatrice de “la Fourmi”, avant de faire un passage formateur à la tête du studio d’Aubervilliers. Derrière ce projet de réouverture, Thierry Frémaux qui ambitionne de développer un concept de cinémas différents à Lyon, auxquels participeront les deux CNP Terreaux et Bellecour, en travaux de rénovation actuellement mais qui conservent eux leur marque CNP. Une alternative à la philosophie des multiplexes, développée à Lyon par Pathé et UGC. On peut s’attendre à une exploitation moderne, conforme aux enjeux numériques du cinéma, avec un confort et des normes de sécurité optimum (ce qui n’était plus le cas dans les deux CNP précités...), d’autant que ”la Fourmi” se trouve à quelques mètres de la caserne des pompiers !

Attendez-vous à un cinéma un peu glamour mais sans compromis, plus engagé politiquement et esthétiquement ; les lyonnais devraient le fréquenter religieusement comme ce fut le cas pour tous les cinémas de quartier dans la 1ère moitié du 20ème siècle. On devrait retrouver “la Fourmi” dans le circuit des cinémas du Grand Lyon associés au prochain Festival Lumière et des projections réservées aux scolaires (financées en partie par la région Rhône-Alpes) devraient assurer un minimum de recettes à “cette  Fourmi“ qui saura sûrement les engranger pour les périodes difficiles !

 

Horaires Cinéma

 

Top des internautes

  (8 votes)
  (4 votes)
  (8 votes)
  (14 votes)
  (40 votes)

Derniers commentaires