La salle se trouve au 3 rue Carquillat, dans le 1er arrondissement, à deux minutes à pied du boulevard de la Croix-Rousse. Ses 85 m² sont gérés par Solid'Arté, la structure de LAHSo consacrée à l'insertion professionnelle des artistes. Fondée en 1968, cette association lyonnaise accompagne chaque année plus de 2 000 personnes vers le logement, l'emploi et l'autonomie. La Menuiserie s'est fait une place dans la vie du quartier avec ses expositions et ses spectacles ; les vernissages y sont l'occasion de parler directement avec les artistes.
Claire Jui-Hsuan Shih y expose. Née à Taïwan, où elle a suivi des études de littérature, elle a obtenu une maîtrise en histoire de l'art à l'Université Lyon 2. Avant de s'installer en France, elle était assistante de recherche au département de calligraphie et de peinture du Musée national du Palais à Taipei, qui conserve l'une des plus importantes collections de peinture et de calligraphie d'Asie.
Elle pratique le style xieyi, que l'on traduit par "écrire le sens" : saisir l'essence d'un sujet en quelques traits plutôt que sa ressemblance, avec cette résonance des souffles (qiyun) qui donne vie et mouvement à l'encre. Fleurs et oiseaux, poissons et paysages en suspension, puis les méditations d'encre pure et diluée de sa série « Silence de l'encre ». Son inspiration vient de la nature et des philosophies bouddhiste et taoïste.
En 2023, elle a fondé à Lyon l'Atelier Nature et Conscience, où elle transmet l'esthétique et la philosophie de la peinture à l'encre telle que la pratiquent les artistes de langue mandarine, avec une devise empruntée à William Blake : voir le monde dans un grain de sable et le paradis dans une fleur sauvage.
Adeline C., plasticienne graveuse marquée par une enfance passée près des forêts, travaille les liens entre l'humain et son environnement et intègre des éléments naturels à ses papiers. Ses ciels chargés au-dessus d'une ligne d'arbres annoncent "Sous-bois", l'installation traversable qu'elle présentera seule dans la même salle du 15 au 25 octobre.
GENY compose avec des canettes écrasées, une accumulation de métal et de logos qui donne corps au trop-plein évoqué par le titre de l'exposition.
Elodie Suejen Lee, autre artiste taïwanaise, expose des sculptures aux formes brutes, presque domestiques. Audrey Clément, peintre qui pratique aussi la marqueterie et l'ébénisterie, superpose architecture, animal et paysage dans des compositions où le geste artisanal rejoint le pictural.
L'exposition est ouverte tous les jours, du lundi au dimanche, de 15h à 19h30, jusqu'au 11 octobre. Entrée libre, tout public à partir de 7 ans. Accès en bus (lignes 45, 2, S4A, C13 et C18), arrêt Clos Jouve.