Le titre de l’exposition de la galerie Valérie Eymeric emprunte son souffle à une phrase de Leonard Cohen : "Il y a une fêlure en toute chose. C’est ainsi que la lumière pénètre". Une citation qui résume parfaitement le projet.
Ici, les artistes ne cherchent pas à reproduire fidèlement le réel. Ils préfèrent en prélever des fragments, en brouiller les contours ou en laisser volontairement disparaître une partie. Le vide n’est plus une absence à combler, mais un espace laissé à l’imaginaire du spectateur, invité à compléter lui-même ce qui lui échappe.
Réunissant Ariane Crozet, Matt Coco, Magalie Darsouze, Violaine Desportes, Lionel Grassot, Jeanne Held, Yoan Lafragette, Suan Müller et Mélanie Planche, l’exposition témoigne de la vitalité du dessin contemporain dans toute sa diversité.
Les techniques se croisent, du fusain à la mine de plomb, du travail sur la matrice à la gravure, mais toutes partagent une même attention à la matière et au geste. Le dessin y apparaît comme un territoire d’expérimentation où la maîtrise dialogue avec l’accident, où le trait hésite, se retire ou insiste jusqu’à faire naître une image jamais totalement figée.
Les œuvres entretiennent toutes un rapport particulier avec le réel. Certaines revisitent des souvenirs personnels ou des photographies, d’autres isolent des objets du quotidien pour leur donner une dimension presque étrange. D’autres encore jouent avec la déformation, l’effacement ou la répétition afin de révéler ce qui demeure invisible au premier regard.
Derrière ces démarches singulières se dessine une réflexion commune : regarder autrement ce qui nous entoure et accepter que toute représentation reste, par nature, incomplète.
À travers ces neuf regards, le dessin retrouve sa force première : celle d’un art capable de suggérer bien davantage qu’il ne montre.
Infos
Sous l’éclat de nos manques
Du 17 septembre au 17 octobre.
Galerie Valérie Eymeric, Lyon 2. Gratuit.