Robert Doisneau s’installe à la Confluence. Après Paris et Liège, l’exposition "Robert Doisneau, Instants Donnés" ouvre ses portes ce vendredi 4 septembre à La Sucrière, à Lyon.
La rétrospective entend dépasser l’image du seul photographe romantique du Paris populaire. Près de 400 photographies, sélectionnées parmi les quelque 450 000 négatifs conservés par l’Atelier Robert Doisneau, couvrent une grande partie de son parcours, avec des clichés réalisés entre 1934 et 1992.
Enfance, artistes, écrivains, bistrots, banlieues, monde ouvrier, années Vogue ou rencontres : une dizaine de thématiques permettent de parcourir les différents visages de son œuvre.
Quand Doisneau photographiait Lyon en 1950
L’étape lyonnaise bénéficie surtout d’un ajout inédit : une section baptisée "Lyon aux deux collines", composée de 40 photographies.
En mai 1950, alors qu’il travaille sous contrat pour le magazine Vogue, Robert Doisneau passe une semaine à Lyon pour réaliser un reportage consacré à la ville. Son objectif saisit aussi bien les rues et les places que leurs habitants, anonymes ou personnalités.
Parmi les images reproduites dans le dossier de l’exposition figurent notamment "Quai de Saône", où une rangée de passants observe la ville depuis les quais, "Partie de cartes dans la rue", montrant des enfants réunis sur des escaliers, ou encore "La Ficelle", consacrée au funiculaire lyonnais.
Cette partie de l’exposition doit également permettre de comprendre la manière dont Doisneau construisait un reportage photographique, au-delà de la seule image devenue iconique.
Du "Baiser de l’Hôtel de Ville" à la face plus sombre de Doisneau
Les visiteurs retrouveront évidemment certains clichés parmi les plus célèbres du photographe, à commencer par "Le Baiser de l’Hôtel de Ville", réalisé à Paris en 1950 et auquel est consacrée une installation en fin de parcours.
Mais l’exposition veut également montrer une œuvre plus sociale et parfois beaucoup moins légère.
Une section intitulée "Gravités", forte de 70 photographies, revient ainsi sur la pauvreté, le travail, l’industrie, les mineurs, la prostitution ou encore les luttes sociales et politiques. Son passage chez Renault entre 1934 et 1939 est notamment présenté comme déterminant dans la construction de sa conscience du monde ouvrier.
À l’inverse, les années passées auprès de Vogue dévoilent un Doisneau confronté à la mode, au luxe et aux mondanités, tandis que ses photographies d’enfants occupent elles aussi une place majeure avec 70 clichés.

La voix de Doisneau accompagne la visite
L’exposition ne repose pas uniquement sur l’accrochage des photographies. Documents, objets, dispositifs interactifs et créations audiovisuelles accompagnent le parcours.
Un audioguide propose notamment une trentaine d’œuvres commentées avec la voix de Robert Doisneau, grâce à des archives audiovisuelles enregistrées entre les années 1960 et 1990.
Des espaces permettent également de découvrir l’ambiance d’un laboratoire argentique ou le travail effectué dans l’atelier du photographe. Cinq dispositifs spécialement adaptés aux personnes malvoyantes associent par ailleurs plaquettes tactiles en relief et audiodescriptions.
L’exposition, labellisée dans le cadre du Bicentenaire de la Photographie par le ministère de la Culture, est visible à La Sucrière, 49-50 quai Rambaud dans le 2e arrondissement.
Elle est ouverte de 10h à 18h du mardi au dimanche, ainsi que tous les jours pendant les vacances scolaires de la zone A et les jours fériés. Le billet standard est affiché à 16,90 euros, et 17,90 euros les week-ends, vacances scolaires et jours fériés.