Depuis plus de vingt ans, cet événement porté par l’association Regard Sud s’est imposé comme un rendez-vous à part pour les amateurs de cinéma. Sa ligne reste inchangée : proposer des films rares, souvent absents des circuits traditionnels, et offrir un regard direct sur les sociétés contemporaines du monde arabe.
Ici, chaque film dépasse le simple cadre du divertissement. Les œuvres sélectionnées interrogent les réalités sociales, les tensions politiques ou les aspirations individuelles.
Cette année encore, plusieurs récits s’annoncent particulièrement marquants. Le film d’ouverture, Hijra de la réalisatrice saoudienne Shahad Ameen, suit le voyage initiatique d’une jeune fille vers La Mecque, entre quête personnelle et contraintes sociales.
Autre temps fort, Moondove du Libanais Karim Kassem explore le quotidien d’un village frappé par la pénurie d’eau, dans une approche mêlant fiction et observation documentaire.
La programmation fait aussi la part belle aux récits d’émancipation. Avec D’où vient le vent, la Tunisienne Amel Guellaty propose un road-movie entre Tunis et Djerba, porté par une jeunesse en quête de liberté. Le film sera présenté en avant-première avant sa sortie en salle en juin.
Dans un registre plus politique, Yunan du Syrien Ameer Fakher Eldin aborde la question de l’exil à travers le parcours d’un écrivain en rupture, tandis que Palestine 36 d’Annemarie Jacir replonge dans un épisode méconnu de l’histoire palestinienne.
Un hommage au patrimoine du cinéma arabe
Le festival ne se limite pas à la création contemporaine. Il propose également un retour sur des œuvres majeures du patrimoine. Parmi elles, Gare Centrale de Youssef Chahine, classique du cinéma égyptien, ou encore Said Effendi, film irakien restauré récemment présenté à Cannes Classics.
Le public pourra également redécouvrir Alyam, Alyam, œuvre fondatrice du cinéma marocain, sélectionnée à Cannes en 1978.
Fidèle à son ADN, Cinémas du Sud mise sur la rencontre. Plusieurs réalisateurs, acteurs et professionnels du cinéma seront présents pour accompagner les projections et échanger avec le public.
Un format qui participe à l’identité du festival, où chaque séance devient un espace de discussion autant qu’un moment de projection.
À Lyon, Cinémas du Sud continue ainsi de tracer un sillon singulier : celui d’un cinéma engagé, exigeant, mais accessible. Un rendez-vous qui, année après année, fait dialoguer les regards bien au-delà des écrans.