"C’est à Lyon que le rêve est devenu conscient" : le parcours fou d’Hugo Diego Garcia, bientôt à l'affiche aux côtés d'Ester Expósito

"C’est à Lyon que le rêve est devenu conscient" : le parcours fou d’Hugo Diego Garcia, bientôt à l'affiche aux côtés d'Ester Expósito
DR Prime Video

Le lyonnais Hugo Diego Garcia sera prochainement à l'affiche du film espagnol Attirés Malgré Nous, où il occupera le premier rôle aux côtés d'Ester Expósito, la compagne de Kylian Mbappé. Il répond à Lyon Poche.

Les amphithéâtres de droit sont des endroits étranges. On y apprend les articles de loi, mais certains y écrivent déjà, en silence, un tout autre destin. Entre 2010 et 2012, Hugo Diego Garcia et moi partagions les bancs de la faculté Jean-Moulin Lyon 3. Nous étions censés apprendre à plaider, à interpréter des textes, à bâtir une carrière rassurante. Mais lui regardait déjà ailleurs. Pendant que beaucoup rêvaient d’un cabinet d’avocats, Hugo rêvait de plateaux de tournage, de salles obscures et d’un cinéma qui dépasse les frontières.

Il a eu cette audace, rare, de ne pas négocier avec son rêve. Il est parti à Paris étudier le théâtre et le cinéma, avant de poursuivre son apprentissage aux États-Unis, sans certitude de réussir, avec pour seule boussole cette conviction intime que sa place se trouvait devant une caméra plutôt que derrière un Code civil. Les rêves sont souvent de confortables mensonges que l’on raconte à vingt ans. Le sien était un projet.

Quatorze ans plus tard, le pari est en train d’être gagné. Après The Substance aux côtés de Demi Moore, The Killer ou encore Vache Folle, Hugo tient aujourd’hui le premier rôle d’Attirés malgré nous, avec Ester Expósito, l’une des actrices les plus célèbres de sa génération. Le film sera disponible sur Prime Video le 9 septembre.

Derrière cette affiche internationale, je revois pourtant le même étudiant qui, dans les couloirs de Lyon 3, portait déjà en lui un rêve que beaucoup auraient jugé déraisonnable. Il ne l’a jamais abandonné. Et c’est peut-être cela, la véritable définition du talent : avoir la patience d’aller jusqu’au bout de ce que l’on a imaginé quand personne n’y croyait encore.

Lyon Poche : Tu as étudié le droit à Lyon 3 à mes côtés avant de choisir le cinéma. À Lyon, on aime les trajectoires qui bifurquent : celles qui commencent dans une bibliothèque et se terminent sur un plateau de tournage. Quand tu repenses à tes années lyonnaises, as-tu le sentiment que c’est la ville qui t’a appris à changer de destin ?

Hugo Diego Garcia : Difficile de dire à quel point une ville fait basculer un destin. Ce que je peux dire par contre, c'est que je garde un souvenir romancé, sans doute biaisé, de mes années de fac. De l'ambiance du droit dans l'automne lyonnais d'il y a seize ans, des gens, de la particularité de la ville.   

Que ce soit celle du cinéma n’est pas un hasard. Dans tous les cas c’est dans son cœur et dans ses salles que j'ai mûri mon plan. À coups de séances nocturnes, de longues réflexions nocturnes sur le pont Lafayette, ou sur la passerelle du Collège, à sortir des films retourné, à rêver d'Hollywood ou d'un cinéma international. C'est à Lyon que le rêve est devenu conscient.

L.P. : Après The Substance avec Demi Moore, The Killer ou Vache Folle que tu as réalisé, il y a désormais Attirés Malgré Nous (Enfrentados : Marfil) qui sort sur Prime Vidéo le 9 septembre. Tu es à l’aube d’une étape qui va te faire connaître d’un public international. Dans quel état d’esprit abordes-tu ce moment si particulier : avec de l’excitation, de la sérénité, ou un peu de vertige ?

H.D.G. : C'est ambivalent. Il y a une forme d'évidence puisque c’est la logique même du métier, surtout sur des plateformes internationales. De la sérénité oui, parce que j'ai eu le temps de m'y préparer, de vivre dans la normalité assez longtemps, de me construire à côté.

Du vertige, un peu. Une forme de rejet déjà. J’en ai vu le coût chez certains artistes. La fame fait rêver jeune mais ça dégoûte dès qu'on s’en approche. Ses avantages ne viennent pas d'elle même , la célébrité n'est qu'un sous-produit purement négatif d’une forme de succès ou de compétence. Et à l'heure des réseaux sociaux elle est plus terrible que jamais.

Dans tous les cas j’aborde cette étape positivement et je suis content de pouvoir avancer.

L.P. : Tu partages l’affiche avec Ester Expósito, l’une des actrices les plus en vue de sa génération et une véritable star internationale. Qu’est-ce que cela représente, pour un acteur, d’avoir la responsabilité de porter le premier rôle à ses côtés ?

H.D.G. : Ça représente une vraie étape dans ma carrière. Mon premier rôle principal, hors courts et films indépendants. C’est un passage obligé au vu de mes ambitions. Et puis le faire en Espagne, terre de mes origines, et en espagnol, c'est aussi symbolique que challengeant. 

Quant à Ester tourner avec elle a été instructif et enrichissant. Elle a le talent et l'expérience, que ce soit dans le métier mais surtout dans sa façon de le gérer au-dehors, ce qui est bien plus complexe qu’il n’y parait.

X