L'arrestation de Jean Moulin à Caluire-et-Cuire, son emprisonnement à Montluc et les interrogatoires menés par Klaus Barbie constituent le cœur du film Moulin, qui sort au cinéma ce mercredi 28 octobre.
Présenté en sélection officielle au Festival de Cannes 2026, ce quatrième long-métrage du réalisateur hongrois László Nemes réunit Gilles Lellouche dans le rôle de Jean Moulin et l'acteur allemand Lars Eidinger dans celui de Klaus Barbie.
Le cinéaste, récompensé aux Oscars en 2016 pour Le Fils de Saul, s'intéresse particulièrement à la confrontation entre le résistant et son bourreau.
Lyon avait été envisagée pour le tournage
Si l'histoire du film est profondément liée à Lyon, les caméras n'ont finalement pas été installées dans la capitale des Gaules.
L'équipe avait pourtant effectué des repérages sur place. Mais la ville actuelle avait trop changé pour permettre de recréer fidèlement l'atmosphère de 1943.
Le tournage s'est donc déroulé en Hongrie, principalement dans des décors réels.
Seule exception notable : la prison de Montluc, dont les espaces ont été reconstitués en studio dans la banlieue de Budapest.
Le récit revient notamment sur l'arrestation de Jean Moulin, le 21 juin 1943, dans la maison du docteur Dugoujon à Caluire-et-Cuire, avant de s'attarder sur les interrogatoires menés par Klaus Barbie.
Gilles Lellouche dans un rôle à contre-emploi
Pour incarner le héros de la Résistance, Gilles Lellouche a dû adopter un jeu particulièrement retenu.
L'acteur, habitué à des personnages plus expansifs, évoque une expérience de tournage éprouvante.
"Moi qui suis très volubile, j'ai dû me battre un peu contre moi-même avant que cette sobriété qu'on recherchait ne devienne comme un réflexe", raconte-t-il.
Face à lui, Lars Eidinger incarne un Klaus Barbie manipulateur, qui tente d'obtenir des informations de Jean Moulin avant de recourir à la torture.
Le réalisateur a choisi de tourner en pellicule 35 mm, avec un important travail sur les ombres, les éclairages et les mouvements de caméra afin de restituer le climat oppressant de l'Occupation.
Un film historique qui comporte aussi des éléments inventés
Moulin ne prétend toutefois pas être une reconstitution documentaire.
Les interrogatoires de Jean Moulin n'ayant pas été retranscrits par les Allemands, une partie des scènes repose sur l'imagination des auteurs.
Certains personnages ont même été entièrement créés pour les besoins du scénario. C'est notamment le cas d'une comtesse interprétée par Louise Bourgoin.
Le producteur Alain Goldman présente ainsi le long-métrage comme une réflexion sur la résistance face à un régime totalitaire, plutôt que comme une biographie traditionnelle.
Moulin, réalisé par László Nemes, avec Gilles Lellouche, Lars Eidinger et Louise Bourgoin, sort en salles ce mercredi 28 octobre.