Baby Neelou, l’intime à l’heure de la trap à La Machinerie

Baby Neelou, l’intime à l’heure de la trap à La Machinerie

Il avance sans hausser la voix, mais avec une détermination tranquille. Baby Neelou fait partie de cette génération de rappeurs qui préfèrent l’atmosphère à l’esbroufe, le ressenti à la démonstration.

Originaire du Pays basque, il s’est d’abord fait remarquer avec Phinéas & Ferb puis la mixtape Bromance, où se dessinait déjà une écriture sensible, nourrie de références au rap américain et d’un sens aigu de la mélodie.

Avec Le chemin du cœur, Baby Neelou élargit le cadre. La trap s’y fait plus souple, plus respirée, irriguée par un DMV flow assumé et des anglicismes qui ne sonnent jamais plaqués. Le disque explore les liens affectifs, les fragilités, les tensions intimes, sans posture héroïque. Ici, pas de personnage surplombant : le rappeur se raconte à hauteur d’homme, laissant affleurer les doutes autant que les élans. Une écriture qui privilégie la nuance, là où beaucoup misent sur l’impact immédiat.

Sur scène, cette matière gagne en amplitude. Les morceaux prennent du corps, la trap s’épaissit, portée par un groove déjà très sûr pour un artiste encore en pleine construction. Le live ne cherche pas l’excès, mais l’adhésion : une énergie contenue, précise, qui installe une relation directe avec le public.

À La Machinerie, Baby Neelou confirme ce qui se pressentait sur disque : une identité en train de se définir, patiente mais déterminée.

À ce stade de son parcours, Le chemin du cœur ressemble moins à une arrivée qu’à une étape. Celle d’un rappeur qui prend le temps d’asseoir son univers, sans brûler les étapes. Une trajectoire discrète, mais déjà solide.

Infos

Le 7 février à 20h.

La Machinerie, Vénissieux.

De 5 à 15 euros

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