Avec sa façade massive, ses cours intérieures en cascade et sa réputation de "maison aux 365 fenêtres" (un chiffre plus symbolique que réellement attesté), la Maison Brunet fait partie de ces bâtiments lyonnais qui interrogent et qui gardent une part de mystère.
Construite au début du XIXᵉ siècle pour loger des ouvriers de la soie, la Maison Brunet incarne à elle seule l’urbanisme canut : de hauts plafonds pour installer les métiers à tisser, de vastes escaliers, des traboules permettant de circuler à l’abri des intempéries. Ici, l’architecture n’est pas décorative, elle est fonctionnelle, pensée pour le travail autant que pour la vie collective.
Mais le lieu charrie aussi une mémoire plus sombre. Pendant les révoltes des canuts, la Maison Brunet fut un point stratégique, parfois surnommé la "forteresse des ouvriers". Aujourd’hui encore, on y ressent quelque chose de cette densité historique, comme si les murs avaient gardé la rumeur des luttes passées.
Toujours habitée, partiellement fermée au public, la Maison Brunet reste un monument vivant, à la fois quotidien et mythique. Un morceau de Lyon brut, vertical, et farouchement populaire.