Toboggan de Décines : pourquoi ce festival de documentaires attire chaque année plus de monde

Toboggan de Décines : pourquoi ce festival de documentaires attire chaque année plus de monde

À Décines, le festival Les Écrans du Doc fête ses 15 ans jusqu'au 29 mars. Une semaine de projections engagées, de débats et de rencontres avec les réalisateurs.

Pendant six jours, le documentaire reprend ses droits aux portes de Lyon. Du 24 au 29 mars, le Ciné Toboggan de Décines-Charpieu accueille la 15e édition des Écrans du Doc, un rendez-vous désormais bien installé dans le paysage culturel local.

Et cette année encore, la programmation ne fait pas dans la facilité. Depuis sa création, l’événement défend un cinéma documentaire exigeant, tourné vers les grands enjeux contemporains.

Politique, environnement, ruralité, luttes sociales ou parcours de vie : les films proposés explorent des sujets souvent sensibles, toujours ancrés dans l’actualité.

L’ambition est claire : proposer au public autre chose qu’un simple visionnage, en faisant de chaque projection un point de départ pour le débat.

Des projections… et des discussions

C’est l’une des marques de fabrique du festival. De nombreuses séances seront suivies d’échanges avec réalisateurs, journalistes, chercheurs ou associations. Une manière de prolonger les films et de confronter les points de vue. Un format qui attire un public fidèle, en quête de compréhension plus que de divertissement.

Cette édition 2026 met en avant plusieurs films attendus, dont cinq avant-premières.

Parmi elles :
    •    L’Affaire Abdallah, portrait d’un militant libanais emprisonné pendant plus de 40 ans en France,
    •    Fenwick, autour de la colère sociale,
    •    Farruquito, plongée dans une dynastie du flamenco,
    •    ou encore Os Barcos, qui explore les tensions sociales dans une favela brésilienne.

Côté politique, le festival propose également des documentaires marquants comme Orwell : 2+2 = 5 de Raoul Peck, ou Mr Nobody against Putin, tourné clandestinement dans une école russe.

Le festival assume aussi sa diversité. Des films sur les difficultés du monde agricole (Rural, Un été à la ferme), sur les parcours migratoires (Tout va bien), ou encore sur les questions féministes (Précieuse(s)) viennent compléter la programmation. Sans oublier des œuvres plus sensibles, comme Le Chant des forêts ou Elle entend pas la moto, qui abordent respectivement la nature et le handicap.

Une clôture sous le signe de la musique

Le festival se terminera le 29 mars avec Nous l’orchestre de Philippe Béziat.

Un film immersif sur la vie collective d’un orchestre, suivi d’un moment musical dans le hall du Toboggan, avec des musiciens lyonnais.

Après 15 éditions, les Écrans du Doc confirment leur place : un festival à taille humaine, mais capable de faire résonner des sujets de fond. Et dans un paysage saturé d’images, il rappelle une chose essentielle : regarder le réel reste, parfois, un acte engagé.

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