Avec Trois contes et quelques, Emmanuel Adely fait basculer Charles Perrault dans un présent saturé d’images, de normes et de faux récits. Le Petit Chaperon rouge, Barbe-Bleue ou Peau d’âne y perdent leur innocence au contact d’un monde où les figures d’autorité ont changé de visage, mais pas toujours de violence.
Porté par deux comédiens au flegme redoutable, le spectacle joue sur un décalage constant. À la surface, une langue vive, parfois ludique. En profondeur, une matière autrement plus rugueuse : domination, désir, emprise. Les récits, débarrassés de leur vernis édulcoré, retrouvent une brutalité originelle, réactivée à l’aune de #MeToo et des débats contemporains.
La mise en scène cultive cette tension entre humour et malaise. On rit, souvent, face à l’absurde des situations ou à la précision des portraits. Mais le rire accroche. Il révèle, fissure, met à nu. Comme si ces contes, qu’on croyait connaître, continuaient à travailler nos peurs les plus enfouies.
Plus qu’une simple relecture, Trois contes et quelques agit comme un miroir grinçant. Une manière de rappeler que les histoires que l’on raconte aux enfants disent toujours quelque chose du monde des adultes — et de ses angles morts.
Infos
Trois contes et quelques
Le 19 mai à 20h
La Mouche, Saint-Genis-Laval
De 12 à 18 euros.