Tristan Lucas à Lyon : "Peu importe comment tu réussis, il faut profiter de la vie, arrêtons de faire la gueule"

Tristan Lucas à Lyon : "Peu importe comment tu réussis, il faut profiter de la vie, arrêtons de faire la gueule"

L’humoriste Tristan Lucas est à l’affiche de quatre dates à l’Espace Gerson à Lyon, du mercredi 11 au samedi 14 mars, pour son dernier spectacle Décennies. Dans la continuité de France Content, son objectif est clairement affiché : arrêter de râler.

Lyon Poche : L’idée est de parler de votre spectacle en rodage Décennies qui passe à Lyon la semaine prochaine mais d’abord parlons de vous et votre parcours. Quel a été l’élément déclencheur pour devenir humoriste ?

Tristan Lucas : Moi, j'ai fait une école de commerce et je n'étais pas du tout prédestiné à faire de la scène. Et puis, je me suis mis à l'improvisation théâtrale et après, j'ai testé le stand-up, mais pour rigoler comme activité extrascolaire. Il y a quand même un élément déclencheur : le fait que l'émission cinéma dont je m'occupais à Gulli s'est arrêtée. Je me suis donc dit, plutôt que de rechercher un autre boulot, je vais essayer de passer la seconde en stand-up. Et finalement, ça a marché. Ça s'est bien passé. Mais c'était naturel, en fait, ça faisait quelques temps que j'en faisais. J'avais déjà de l'expérience, des contacts, un petit niveau, etc.

LP : Qu’est-ce que vous préférez dans ce métier ?

TL : Le foot à 10 heures du matin, ne pas mettre le réveil. Non, mais en vrai, ça illustre quand même la liberté qu'on a et la liberté à tous les points de vue. Et puis le spectacle vivant, c'est super. On est tous devant des écrans tout le temps. Mais là, on va rencontrer des gens, que ce soit 50, 100 ou 4000 personnes. C'est trop cool de faire des blagues et que les gens rient aux blagues et se disent 'Merci d'avoir trouvé ces blagues-là'. Et c'est vrai que l’on ne s'ennuie pas. C’est un peu fatiguant, mais il y a une instantanéité qui est super aussi, c'est-à-dire que si j'ai une blague dans deux minutes, ce soir, je peux la mettre en œuvre. C'est hyper enrichissant.

Lyon Poche : Aujourd’hui, pourriez-vous revenir à votre vie d’avant ?

TL : Ah non, déjà, moi, je mets plus de réveil. Donc, ça, c'est une belle réussite dans la vie. Mais après, je me lève tôt, mais je me lève tôt naturellement. Ce n’est pas de contrainte.

Mais non, je ne pourrais pas revenir à une vie d'avant. D'ailleurs, je me demande ce que je vais faire en vieillissant, est-ce que je vais continuer à monter sur scène, à aller en tournée et tout, à 60 balais, à être un vieux stand-uper. Mais pour l'instant, je n’ai pas trouvé de trucs meilleurs, donc ça me va très bien.

LP : Mais vous ne vous produisez pas seulement en one-man-show, mais également dans la troupe Les Ours dans ta baignoire. Qu’est-ce que cela vous apporte en tant qu’humoriste de faire partie d’une troupe ?

TL : J'y joue un petit peu moins, parce que je suis beaucoup en tournée mais je joue plusieurs fois par an dans l'année avec eux. J'aime bien le principe d’une troupe. Par exemple, hier soir j’ai organisé une soirée dans un comédie club à Paris. Du coup, j'ai invité plein de copains sur scène. Il y avait Doully, Patrick Chanfray.
Même si ça ne me gêne pas de partir en tournée tout seul, j’en fais plein, en voilier, à vélo, en van et j'ai mon plateau d'humour partout en France. Et du coup, j'aime bien partir entre humoristes. C'est un peu la colonie de vacances.

LP : C’est assez hors du commun de partir en tournée de cette façon, n’est-ce pas ?

TL : C’est ce truc de ne pas toujours faire la même chose, de ne pas être centré que sur sa petite carrière personnelle. Après, je pense que ça me retarde un peu mais en même temps, je ne m'ennuie pas et on rigole bien.
C'est important, il faut le garder. Sinon, si quand tu as l'impression d'aller à l'usine, quand tu vas sur scène, c'est que tu ne fais pas ton métier de la bonne manière.

LP : Et justement dans votre manière de travailler, comment définiriez-vous votre humour ?

TL : C'est souvent taquin. J'avais vu un journaliste qui avait dit 'parfois trash, souvent tendre' et j'aimais bien cette formule parce qu'effectivement, quelques fois, ça peut être un peu rentre-dedans.
Ça me fait marrer de voir des petites mamies qui avaient pris une place de spectacle, qui ne savaient pas trop ce qu'elles allaient voir et puis, rigoler à mes blagues un peu trash. Il y a toujours un petit sourire au coin de la lèvre.

LP : Quelles et qui sont vos inspirations ?

TL : J'ai des potes comme Aymeric Lompret, Pierre-Emmanuel Barré, Thomas VDB, Dolly, Vérino, Mathieu Madénian, toute la petite clique. Il y a aussi des filles moins connues, mais que j'aime beaucoup comme Cab Cab et Lise Dehurtevent. Ce sont des filles que je trouve super, qui ne sont pas encore très connues. J'ai plaisir à les voir à chaque fois.

LP : Maintenant parlons de votre spectacle Décennies. Depuis combien de temps le préparez-vous ?

TL : Je l'ai préparé en juillet l'année dernière. Mais entre juillet et novembre, je ne l’ai pas touché. En gros, ça fait 4-5 mois qu'il est au moins dans mon esprit et qu'il y a des deadlines qui font qu'il faut sortir quelque chose. La première, c'était en janvier.

LP : Est-il bien reçu pour le moment ?

TL : La première, c'était très cool. Mais j'avais fait ça dans un comédie club près de Grandville, en Normandie, où je sais que le public est toujours chaud. Donc, c'était un peu pour commencer dans des chaussons. Mais je l'ai fait deux fois à Lille la semaine dernière. Objectivement, le vendredi, ça a été mais ce n'était pas dingue. Après, on a retravaillé et le samedi, c'était déjà très cool. C'est une période de rodage, donc il y a plein de trucs à améliorer.

Mais là, à Lyon, je vais jouer 4 jours de suite. Et c'est trop bien parce que ça va permettre de bosser le spectacle tous les jours.

LP : Quel message souhaitez-vous faire passer à travers votre spectacle ?

TL : J'ai paraphrasé une parole de Mistral Gagnant de Renaud et l’idée c'est 'rigoler de la vie tant qu'il y en a'. Comme le spectacle s'appelle Décennies, l'idée, c'est de faire 10 minutes de blagues par décennie de vie. L'idée, c'est de dire que peu importe comment tu réussis, il faut profiter de la vie.

On râle beaucoup et pour tout, mais en fait, il faut arrêter de râler et profiter parce que c'est déjà un miracle qu'on soit sur Terre. Après, on ne peut pas sortir les violons, mais c'est ça que je veux dire : arrêtons de faire la gueule.

Propos recueillis par Margaux Nourry

Infos
Décennies
Du 11 au 14 mars à 20h30 ou 21h15.
Espace Gerson, Lyon 5. De 13 à 18 €.

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