Une déclaration qui, il y a un an, a pris de court une génération entière : un cinquième et dernier album, BĒYĀH, une tournée d’adieux à venir ce printemps… puis le silence. Lassé de la surexposition, de la pression permanente - médiatique comme intime - le rappeur belge semble vouloir refermer un chapitre entamé il y a plus d’une décennie.
Car derrière la stature physique imposante, il y a toujours eu chez Damso une fragilité à vif. Une manière d’exposer ses contradictions, ses fêlures, sans jamais vraiment chercher à les lisser. Si ses derniers projets ont parfois désarçonné, ils témoignent d’une liberté de plus en plus assumée. Sa plume, elle, n’a rien perdu de son tranchant. Au contraire : elle s’est affinée, débarrassée des attentes.
Touche-à-tout, Damso s’autorise désormais toutes les bifurcations. Expérimentations avec l’IA sur Magic, incursions en espagnol, retour affirmé vers ses racines congolaises… L’artiste ne cherche plus à plaire à tout prix. Il explore, quitte à dérouter. Une évolution logique pour celui qui a toujours refusé les cases.
Ses deux dates à Décines prennent alors une résonance particulière. Adieux définitifs ou simple transition ? Lui-même entretient le flou. Difficile d’imaginer un arrêt total à cet âge, tant la création semble constitutive de son identité. Mais une chose est sûre : la forme change. Les albums, les tournées classiques, peut-être. Le besoin de créer, jamais.
Passage obligé à la LDLC Arena, ces concerts s’annoncent comme un moment suspendu. L’occasion de saluer un artiste majeur du rap francophone, qui aura marqué son époque sans jamais tricher avec son public.
Infos
Les 20 et 21 mai à 20h.
LDLC Arena, Décines. De 52 à 70 euros.