Sa pop ne cherche ni l’esbroufe ni la pose générationnelle ; elle s’avance à la première personne, faussement désinvolte, parfaitement consciente de ses effets. Une écriture parlée, presque conversationnelle, qui donne l’impression d’arriver trop tard, et qui tombe pourtant toujours juste.
Sorti en mars 2024, son premier EP graou s’est rapidement imposé comme l’un de ces disques modestes en apparence, mais redoutablement efficaces. Quelques titres suffisent à installer un ton : celui des maladresses assumées, des relations bancales, des moments un peu gênants qu’on préfère généralement oublier.
Chez Miki, ces ratés deviennent des refrains accrocheurs, portés par une pop électro directe, minimaliste, souvent frontale, mais jamais froide. L’humour affleure, le recul aussi ; la fragilité n’est jamais déguisée, simplement mise à distance.
Sur scène, cette écriture trouve un prolongement naturel. Le concert n’est pas un exercice de séduction mais un espace de partage, où l’intime circule sans pesanteur. Les morceaux gagnent en relief, la voix assume ses aspérités, et la pop se fait plus physique, presque nerveuse. Rien d’explosif, mais une tension constante, tenue, qui maintient l’écoute.
Au Transbordeur, Miki confirme ce statut encore fragile mais déjà solide de révélation. Une artiste qui ne cherche pas à forcer le trait, mais qui avance avec une assurance tranquille. En 2024, sa pop a trouvé sa place ; en 2025, elle commence à trouver sa scène. Et en 2026 ?
Infos
Le 4 février à 19h.
Transbordeur, Villeurbanne.
26 euros