Avec ce concert-lecture présenté au Radiant-Bellevue, l’artiste brouille une fois de plus les lignes : ni tout à fait concert, ni vraiment pièce de théâtre, mais une comédie musicale miniature, fragile et bricolée, où la poésie sert de fil de survie.
Inspiré de son roman et de l’album L’homme qui écoutait battre le cœur des chats, le spectacle se déploie comme un rêve éveillé. Des chats y deviennent narrateurs, des fantômes surgissent sans fracas, et les chansons avancent à pas feutrés. Derrière cette fantaisie assumée, Malzieu aborde un sujet frontal : le deuil, celui qui ne se résout pas mais avec lequel il faut apprendre à vivre. Ici, la consolation n’est jamais spectaculaire. Elle se glisse dans les détails, les silences, les images.
Connu comme le leader du groupe Dionysos, Mathias Malzieu prolonge sur scène une démarche qu’il cultive depuis des années : faire dialoguer musique, littérature et récit. Les chansons ne sont pas des respirations décoratives, mais des leviers narratifs. Elles accompagnent l’histoire, la déplacent, parfois la contredisent. Le dispositif est volontairement intime, presque artisanal, laissant place à l’émotion brute plutôt qu’à l’esbroufe.
Triste et beau, forcément, ce spectacle s’adresse moins à la raison qu’à ce qui palpite encore. Malzieu ne promet pas d’apaisement définitif. Il propose autre chose, plus précieux : un espace où l’on peut, ensemble, écouter battre le cœur des chats. Et peut-être le sien.
Infos
Le 5 février à 20h.
Radiant-Bellevue, Caluire.
De 36 à 39 euros