Il a choisi l’inverse : construire patiemment une trajectoire musicale crédible, en affinant son écriture et son image. Son dernier album, +1, marque un tournant. Plus posé, plus mélodique, le disque explore des terrains émotionnels plus larges que ses premiers projets, entre rap introspectif, refrains chantés et influences pop assumées. Un lissage, oui, mais maîtrisé, loin de la dilution.
Sur scène, Hatik reste pourtant fidèle à une intensité brute. Performer attentif à son public, il cultive une proximité parfois électrique, n’hésitant pas à interrompre un concert pour recadrer un spectateur trop envahissant, comme ce fut le cas à Metz en 2024, séquence largement relayée sur les réseaux. Une manière de rappeler que le live n’est pas un simple défilé de titres, mais un espace de respect mutuel et de tension partagée.
Passé par les freestyles (Chaise pliante), les formats courts et les grandes scènes, Hatik s’impose aujourd’hui comme un artiste à la croisée des chemins : assez populaire pour remplir des salles importantes, assez conscient de ses limites pour continuer à se remettre en jeu. En concert, les morceaux de +1 dialoguent avec ses anciens titres, révélant un rappeur en mutation, qui cherche moins l’impact immédiat que la durée. Une étape charnière, où la performance scénique devient le véritable révélateur de sa maturité artistique.
Infos
Le 24 janvier à 20h. Radiant-Bellevue, Caluire. 36 euros.