Poète maudit, silhouette errante, génie cabossé : le mythe s’est construit autant contre lui qu’avec lui. Aujourd’hui, le récit a changé. Avec Felt Better Alive, Doherty avance à découvert, sans grandiloquence, porté par une écriture plus douce, presque apaisée, qui n’a rien perdu de sa sincérité.
Ce nouvel album marque une étape singulière dans son parcours. Loin des flamboyances des The Libertines ou des débordements de Babyshambles, Doherty privilégie ici un folk dépouillé, traversé d’humour discret et de mélodies lumineuses. Les chansons parlent de survie, de reconstruction, d’un quotidien enfin habitable. Rien de démonstratif : juste des récits à hauteur d’homme, fragiles mais debout.
Sur scène, cette mue prend tout son sens. Les anciens hymnes, chargés d’une histoire collective, croisent ces compositions plus récentes, comme si deux époques dialoguaient sans s’opposer. Doherty ne renie rien ; il réorganise. La voix, parfois éraillée, parfois étonnamment claire, assume le passage du temps. Le concert devient alors moins une célébration du chaos passé qu’un constat lucide : survivre, et peut-être même mieux que ça.
Entouré de musiciens chevronnés, le chanteur installe une atmosphère intime, sans posture. À Transbordeur, cette date s’annonce comme un moment suspendu, où la douceur n’efface pas les cicatrices mais leur donne un sens nouveau.
Peter Doherty n’est plus un fantôme romantique. Il est un artiste qui apprend, enfin, à durer.
Infos
Le 14 février à 19h.
Transbordeur, Villeurbanne.
Tarif : 36 euros