Cyrano apparaît ici multiple, fragile et incandescent à la fois, loin de la statue héroïque. Il fallait du nez pour trouver le successeur de Depardieu. Et Édouard Baer s’y glisse avec une évidence rare : amoureux des mots, passeur de langue, il fait entendre chaque alexandrin comme une pulsation vivante.
Sous la direction précise de Anne Kessler, sociétaire de la Comédie-Française, la troupe redonne chair au texte d’Edmond Rostand. Tragique et sublime s’y répondent sans emphase, dans une langue qui brûle encore.
Cyrano n’est pas un mythe figé, mais un cri d’indépendance, une déclaration d’amour à la liberté et à l’art de dire. Flamboyant, oui, mais profondément humain.
Infos
Cyrano de Bergerac
Les 26 et 27 février à 20h30.
Radiant-Bellevue, Caluire.
De 36 à 55 euros.