Le Disque bleu, double album à la fois ample et intime, est moins une rétrospective qu’un paysage vivant, où la chanson française se frotte à des couleurs inattendues, de la bossa-nova aux arpèges pop. Ce bleu n’est pas une abstraction froide : c’est un ciel de midi, une mer d’été et, dans les textes, une trajectoire intérieure qui se déploie entre lumière et mélancolie.
Sur scène, l’artiste caladois réinvente le dialogue avec son public. Après une série de concerts en configuration acoustique, presque en huis clos, où chaque phrase musicale semblait suspendue dans l’air, la tournée se déploie en deux registres : d’abord des salles théâtrales, comme ce sera le cas au Radiant, puis des enceintes plus vastes qui laisseront place à une formation plus électrique.
Entre cordes, cuivres et cordages latins, Benjamin Biolay propose une cartographie sensible de ses propres influences d'expatrié en Amérique du Sud : un air argentin à Buenos Aires, un souffle carioca esquissé à Rio, la langue française qui porte toujours son rythme singulier.
Et puis, il y a cette présence sur scène, cette façon de faire d’un concert un moment où l’intime n’est jamais renié à l’entrée de la salle. On se surprend à redécouvrir des chansons que l’on croyait déjà familières... À les entendre comme si elles racontaient, ce soir-là, l’histoire de nos propres impressions fugitives.
Dans le paysage français d’aujourd’hui, Benjamin Biolay demeure l’un de ceux qui conjuguent le plus élégamment l’art de l’écriture et la danse subtile des sons.
Infos
Le 25 février à 20h.
Radiant-Bellevue, Caluire.
De 57 à 65 euros.